L'éco en bref: Les Bourses européennes rebondissent à l'ouverture
Suivez l'actualité économique en Suisse et dans le monde. Ton opinion Les Bourses européennes prolongent à l’ouverture mardi leur rebond du début de semaine, rassurées par l’absence de nouveaux développements dans la crise bancaire et à l’aube d’une réunion de deux jours de la Banque centrale américaine. Paris monte de 1,08%, Francfort de 0,86% et Londres de 0,58%. Le secteur bancaire européen progresse plus nettement encore, avec des hausse de 3,11% pour Unicredit ou de 2,46% pour Deutsche Bank. La Bourse de New York a terminé en hausse lundi, entraînée par une chasse aux bonnes affaires sur fond d’accalmie après dix jours de turbulences bancaires, même si l’incertitude demeure sur l’issue de la crise. Le Dow Jones s’est apprécié de 1,20%, l’indice Nasdaq a pris 0,39% et l’indice élargi S&P 500 a progressé de 0,89%. Après plusieurs interventions massives pour rassurer les déposants des banques américaines et l’annonce, dimanche, de la reprise de Credit Suisse par son grand rival UBS, Wall Street a abordé la séance de lundi avec les nerfs moins tendus. Lundi, l’indice VIX, qui mesure la volatilité du marché, a nettement reculé. La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a affirmé lundi que les banques en zone euro affichaient des matelas financiers «bien supérieurs aux exigences», sur fond de scepticisme lié à plusieurs faillites bancaires américaines et au rachat en urgence de Credit Suisse par UBS. «Nous sommes convaincus que les positions de fonds propres et de liquidités des banques de la zone euro sont très satisfaisantes», a déclaré Mme Lagarde lors d’une audition au Parlement européen. Le «ratio de fonds propres» et celui «de couverture des liquidités» sont «bien supérieurs aux exigences», a-t-elle insisté. Christine Lagarde a par ailleurs prévenu que les tensions actuelles du système bancaire pourraient «accentuer» le renchérissement en cours du coût du crédit. Amazon va supprimer 9.000 postes supplémentaires, qui s’ajouteront aux 18'000 suppressions de postes déjà annoncées en janvier, a annoncé lundi son directeur général, Andy Jassy, dans une lettre aux équipes du groupe, publiée sur son site. L’essentiel des suppressions de postes concerne l’activité d’informatique à distance (cloud) Amazon Web Services (AWS), le département PXT dédié à la gestion des ressources humaines, les effectifs consacrés à la publicité, ainsi que la plateforme vidéo Twitch, a précisé le dirigeant. Le système financier allemand est «stable et robuste», a assuré lundi le superviseur bancaire allemand Bafin, au lendemain de l’annonce du rachat en urgence de Credit Suisse par UBS, accueilli avec scepticisme par les marchés. «La Bafin surveille actuellement l’évolution des marchés et la prend en compte dans le cadre de sa mission de supervision. Le système financier allemand reste stable et robuste», a-t-il indiqué dans un bref communiqué transmis à l’AFP. L’action d’UBS a réussi à inverser la tendance lundi à la Bourse de Zurich, après l’accueil glacial qui avait suivi l’annonce dimanche de la fusion de la première banque helvétique avec Credit Suisse. À 13h03 GMT, le titre d’UBS prenait 2,16%, à 17,48 francs. Dans la première heure de cotation, l’action avait perdu jusqu’à 15% de sa valeur avant de se reprendre. Le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, a assuré lundi que la réaction des autorités monétaires dans le monde a été «forte et rapide», au lendemain de l’annonce du rachat en urgence de Credit Suisse par sa compatriote UBS. «Nous sommes dans un cadre général d’extrême volatilité» mais «nous avons des règles de supervision bancaire fortes et valides», a-t-il déclaré lors d’une conférence à Milan. «Les crises ont touché des banques très éloignées les unes des autres, avec des motivations très différentes, et la réaction des autorités monétaires dans le monde a été forte et rapide», a fait valoir M. Gentiloni. Propulsé par les inquiétudes qui s’aggravent sur le secteur bancaire après le rachat à prix cassé du géant suisse Credit Suisse, le prix de l’or a dépassé lundi, le seuil symbolique de 2000 dollars l’once. Alors que les titres des grandes banques plongeaient en Bourse lundi, après le rachat par UBS de Credit Suisse, les investisseurs craignant une réaction en chaîne se rabattaient sur l’or, valeur refuge traditionnelle. Le métal jaune gagnait quelque 0,33% à 1995 dollars dans la matinée, après être monté à 2009,73 dollars. Depuis la faillite de l’américaine Silicon Valley Bank (SVB) il y a dix jours, le prix de l’or sur le marché financier a grimpé de près de 9%. L’or avait passé le cap de 2000 dollars à seulement deux reprises: en août 2020, en pleine pandémie de Covid-19, et en mars 2022, lors des premières semaines de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les Bourses européennes ont ouvert en baisse lundi, sceptiques au lendemain du bouclage précipité du rachat de Credit Suisse par UBS, qui n’efface pas les craintes sur le secteur bancaire. À 09H10, la place parisienne reculait de 0,83%, celle de Francfort de 1,06% et Londres de 1,01% après une semaine noire sur le secteur bancaire, qui a plombé l’ensemble des marchés. Dans ses dernières prévisions publiées lundi, la Banque de France a doublé sa prévision de croissance en France pour 2023, et table désormais sur une progression de 0,6% du produit intérieur brut (PIB), contre 0,3% envisagé jusqu’alors. Sur le front de l’inflation, la banque centrale abaisse sa prévision pour 2023. «Il y a un peu plus de croissance et un peu moins d’inflation», a résumé le chef économiste de la banque centrale, Olivier Garnier. Pour 2023, l’institution justifie le doublement de sa prévision de croissance par une inflation (en particulier énergétique) moins forte qu’attendu, et «une croissance plus élevée de la demande mondiale». Ces bonnes surprises sont toutefois contrebalancées par «l’environnement financier» du pays, les taux de change et les taux d’emprunt étant moins bien orientés qu’en décembre. Même rehaussée, la prévision de croissance pour 2023 reste inférieure à celles de l’OCDE (0,7%, relevée de 0,1 point vendredi) et du gouvernement (1%). Les Bourses asiatiques ont encore creusé leurs pertes lundi après-midi, se montrant ainsi guère rassurées sur le secteur bancaire mondial malgré le rachat de Credit Suisse par UBS annoncé la veille, après des négociations menées dans l’urgence. À la Bourse de Hong Kong, l’indice Hang Seng lâchait plus de 3% après 06H00 GMT. A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en retrait de 1,42%. Les autorités américaines sont parvenues à un accord pour faire racheter une partie des actifs de Signature Bank par une autre institution, d’après un communiqué du régulateur bancaire, la FDIC, et cherchent une solution similaire pour Silicon Valley Bank (SVB), selon Bloomberg. La FDIC a annoncé dimanche que Flagstar Bank, une filiale de New York Community Bancorp, va acquérir des dépôts et des prêts de la new-yorkaise Signature Bank, 21e banque du pays, fermée d’office dimanche dernier. Flagstar va reprendre toutes les 40 agences de Signature et l’essentiel des 88,6 milliards de dollars de dépôts. Mais environ 60 milliards de dollars de prêts et 4 milliards de dollars déposés en ligne vont rester sous le contrôle des autorités, d’après un communiqué. L’Amérique latine et les Caraïbes vont devoir faire face à une année 2023 «difficile» avec une croissance économique estimée à seulement 1% en raison des «incertitudes» mondiales, a averti dimanche la Banque interaméricaine de développement (BID). «De manière générale, 2023 sera difficile pour l’Amérique latine et les Caraïbes, compte-tenu de la complexité des évolutions mondiales et de ses importantes incertitudes», déclare la BID dans son rapport macroéconomique 2023 présenté par son économiste en chef, Eric Parrado, à la clôture de l’assemblée annuelle de l’organisation au Panama. La prévision de croissance est de 1% si aucune nouvelle difficulté ne survient, précise la BID. Samedi soir, l’agence de presse Reuters estimait qu’environ 10'000 emplois pourraient disparaître en cas de fusion entre UBS et Credit Suisse. Dans tous les cas, l’Association suisse du personnel de banque (ASEB) a commencé à négocier samedi avec la direction de la banque et demande la création d’une task force, selon le journal «Le Temps». Plusieurs membres du gouvernement se sont retrouvés dimanche matin au ministère des finances à Berne pour évoquer ce dossier d’une importance capitale pour l’économie suisse. L’accord de rachat de Credit Suisse par UBS doit être scellé dimanche au cours d’une réunion extraordinaire du gouvernement et des dirigeants des deux géants bancaires dans la capitale. Un tel rapprochement est une affaire complexe qui normalement devrait prendre des mois. UBS n’aura eu que quelques jours. « Lundi le Credit Suisse pourrait appartenir au passé», écrit Blick. Une coalition de banques américaines de taille moyenne a demandé aux régulateurs fédéraux de garantir pendant deux ans tous les dépôts de leurs clients, même au-dessus de la limite habituelle des 250'000 dollars (environ 230'000 francs suisses), pour éviter un phénomène de contagion après la faillite de la banque SVB, d’après Bloomberg. Cette mesure «stopperait immédiatement l’exode des clients des plus petites banques, stabiliserait le secteur bancaire et réduirait grandement les risques d’autres faillites», a argumenté la Mid-Size Bank Coalition of America dans une lettre adressée aux autorités, selon un article publié samedi par l’agence de presse. Les faillites récentes de la Silicon Valley Bank et de Signature Bank suscitent une crise de confiance dans le secteur. De nombreux clients de banques similaires ont retiré leur argent pour le déposer dans des banques plus grandes, comme JPMorgan Chase ou Bank of America, considérées comme trop importantes pour que l’État ne les renfloue pas en cas de crise. Le président de la Fédération bancaire française, Philippe Brassac, a assuré samedi que la tourmente bancaire actuelle dans le monde, qui frappe notamment Credit Suisse en Europe, ne risquait pas de contaminer le secteur bancaire en France. «Il n’y a aucun risque parce qu’il n’y a aucun mécanisme de contagion possible entre les événements que nous constatons et les banques françaises», a déclaré le banquier, directeur général du Crédit Agricole, sur France Inter. «Les banques françaises sont très solides du fait de la régulation» et «il n’y a pas de mécanisme, comme il pouvait y en avoir dans le passé, de propagation». UBS, la première banque suisse, est en pourparlers pour le rachat total ou partiel de Credit Suisse, son rival en grandes difficultés, avec la bénédiction expresse des autorités de régulation suisse, affirme vendredi le Financial Times. Les régulateurs suisses – la banque centrale (BNS) et le gendarme des marchés financiers (Finma) – ont indiqué à leurs collègues américains et britanniques que le rachat par UBS était «leur plan A" pour stopper la crise de confiance dont souffre Credit Suisse, écrit le FT, citant une source anonyme ayant connaissance de ces pourparlers. Les Bourses européennes ont terminé en net repli vendredi une semaine éprouvante, les craintes se concentrant une fois de plus sur le secteur bancaire malgré les différentes tentatives pour rassurer les investisseurs. Milan a reculé de 1,64%, Paris de 1,43%, Francfort de 1,33%, Londres de 1,01%, toutes ces places financières perdant plus de 4% sur la semaine. Le secteur bancaire a été une fois de plus fortement touché, notamment Credit Suisse qui a perdu un quart de sa valeur boursière en une semaine. L’action Credit Suisse, qui avait rebondi jeudi après la bouée de sauvetage que lui a lancée la BNS, est repartie à la baisse vendredi pour clôturer en recul de 8,01% à 1,86 franc suisse. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a relevé ses prévisions de croissance mondiale pour 2023 et 2024 grâce à une baisse de l’inflation et la réouverture de la Chine, même si elle reste fragile, sur fond de grandes difficultés rencontrées par certaines banques. Le produit intérieur brut mondial devrait augmenter de 2,6% en 2023, contre 2,2% anticipés en novembre dernier par l'OCDE, selon ses perspectives publiées vendredi. L’an dernier, la croissance mondiale s’était élevée à 3,2%. En 2024, la croissance mondiale devrait s’accélérer à 2,9%, soit 0,2 point de pourcentage de plus que prévu précédemment. Les économies continueront ainsi à subir le contrecoup du relèvement des taux directeurs décidé par les banques centrales pour lutter contre l’inflation, qui reste le problème numéro un.
