Credit Suisse: Résumé de la journée qui a suivi la chute de la banque
Les marchés mondiaux sont restés fébriles lundi matin avant de montrer des signes de stabilisation. Les politiques suisses demandent des comptes alors que certains employés sont inquiets pour leur avenir. Le rachat pour 3 milliards de francs de Credit Suisse par UBS et les garanties proposées par le Conseil fédéral et la Banque nationale suisse (BNS) dimanche soir ont pour objectif de «rétablir la confiance», selon les termes du président de la Confédération Alain Berset. Le doute était encore perceptible lundi matin sur les marchés financiers qui se sont stabilisés en cours de journée. Voici les principales infos à retenir de cette journée: Juste après l’annonce du rachat, les marchés asiatiques ont ouvert et donné le ton de cette journée. Et malgré les efforts entrepris pour rassurer, les bourses ont continué de baisser lundi à Hong Kong et Tokyo. C’est le doute qui prévalait en début de matinée sur les marchés européens qui ont repris des couleurs dès la mi-journée. Les cours à Wall Street sont restés stables après une semaine agitée. L’action Credit Suisse a encore perdu plus de 60% de sa valeur. Celle d’UBS a plongé jusqu’à 15% avant d’afficher +1,26% à la clôture. L’indice Swiss Market Index (SMI) a terminé en hausse de 0,28%. Une session extraordinaire des Chambres après Pâques et une enquête parlementaire ont été réclamées par la gauche et une partie de la droite (PLR et Centre) à Berne dans la foulée de l’annonce du rachat. Le Parti socialiste et les Verts fustigent le manque de contrôle de ce genre d’établissement bancaire, malgré les mécanismes mis en place après la crise de 2008. Ils accusent l’organe de surveillance, la FINMA, de ne pas avoir joué son rôle. Des membres de la jeunesse socialiste ont par ailleurs manifesté en nombre devant le siège de la banque à Zurich. La Jeunesse socialiste a manifesté devant le siège de Credit Suisse, lundi. À droite, l’UDC et le PLR sont en froid. Le parti agrarien a rejeté la faute de la débâcle de Credit Suisse sur les libéraux-radicaux, les accusant de copinage avec la grande banque. Le PLR rétorque, entre autres, que l’ancien conseiller fédéral UDC Ueli Maurer était en charge de la FINMA ces dernières années. L’intégration de Credit Suisse dans UBS ne se fera pas sans des licenciements, selon tous les observateurs. Environ 10’000 emplois seraient menacés. Plusieurs témoignages de collaborateurs inquiets et en colère sont parus dans la presse. «À mon âge, je ne peux plus obtenir un emploi avec le même salaire, et je ne peux pas me permettre de prendre une retraite anticipée», raconte par exemple à «20 Minuten» une employée. Des postes de travail pourraient aussi être concernés chez UBS, ajoutent certains observateurs. Le rachat ne devrait en revanche avoir aucune répercussion sur les petits épargnants et sur les hypothèques. Credit Suisse fait partie du passé et le rachat d’UBS contribue à stabiliser les marchés financiers lundi. La solution du rachat de Credit Suisse par UBS soutenu par le Conseil fédéral a été saluée à l’étranger. La Banque centrale européenne a félicité les autorités suisses pour l’ensemble des mesures prises. La presse internationale a largement commenté la disparition de Credit Suisse, en particulier les médias anglo-saxons et allemands. Il s’agit du «point final d’une longue descente aux enfers – et peut-être le prélude à une crise encore plus grande», écrit le «Spiegel» qui compare les garanties de la Confédération à «une aide à l’euthanasie». Retour en infographie sur les événements à l’origine de la débâcle de Credit Suisse.
